23 mai 2006

La corruption de la république et la confiscation de la démocratie

Non, la France n'est plus une république digne de ce nom.
Plus une république car la constitution, sa fondation, a totalement été dénaturée. Entre une justice rendue volontairement indigente, un parlement godillot et un régime politique qui ne sait pas trop s'il est présidentiel ou pas, la Vème république est devenue un échafaudage cachant mal une façade en ruine et une maison en feu. Au minimum, il est nécessaire de profondément réformer les institutions en ressuscitant les principes de base.


Non, la France n'est plus une démocratie.
Cette législature a vu passer un nombre impressionnant de votes sanctions, tant sur des renouvellements de mandats que sur des référendums. Tous ces votes n'ont abouti qu'à une seule remise en cause, et encore a-t-il fallu attendre les émeutes de décembre 2005 pour obtenir une vague réorientation des priorités.
Le peuple vote, mais le pouvoir est autiste. Les élections doivent retrouver un sens, un contenu politique, et un engagement de mise en oeuvre. Les votes sanctions doivent être suivis de véritables changements.
Tel est le sens de la démocratie, elle n'est pas seulement représentative, elle doit être active et respectée.

Une unique école de pensée qui stérilise l'inventivité et favorise la corruption des idées et des principes

On ne peut pas constater à répétition que la France souffre d'une stérilisation de l'intelligence, de l'inventivité, de l'audace, et remettre sans arrêt le couvert. On ne peut pas constater à répétition que l'on retrouve la même école de pensée à l'origine des mêmes erreurs ou scandales et doubler sans cesse la mise.
Même si la personnalité des hommes joue un rôle indéniable, le formatage de l'esprit par une école de pensée impose des contraintes extrêmement fortes, et ceci est encore amplifié par l'effet de groupe.
Alors je refuse, une fois encore, de voter pour un ou une énarque. L'aristocratie républicaine doit quitter les postes de pouvoir et regagner sa place, c'est à dire retourner à son humble condition de serviteur de l'état au lieu de se substituer à l'état.
Je ne voterai pas pour un ou une autiste, je ne reconduirai pas ce modèle calamiteux qui conduit ce pays à la déliquescence, à la confrontation, au mépris des citoyens par une élite qui porte bien mal son nom.

Des idées attrape tout, un discours vide, une absence de vision : non à la politique marketing

Il est trop facile de reprocher aux politiques de ne pas avoir d'idées, de vision, de projet et de voter systématiquement parce qu'il ou elle est "sympa", parce qu'il ou elle fait la couv' des magazines, parce qu'il ou elle est différent(e) (de quoi ? de qui ?).
Je ne veux pas voter parce que les sondages produits avec des questions judicieusement orientées me dictent mon choix.
Je ne veux pas voter parce que le marketing, à force de me montrer toujours le même produit politique, me conditionne.