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Vendredi 25 août 2006  
Point de vue

Retrouver la volonté de faire, par Dominique Strauss-Kahn

LE MONDE | 23.08.06 | 13h01  •  Mis à jour le 23.08.06 | 13h01
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Au cours du XIXe et du XXe siècle, l'Europe a été la matrice de trois concepts autour desquels se sont organisées les sociétés humaines : la révolution sociale, la nation et le capitalisme. En se déployant à l'est, vers la Russie puis la Chine, la révolution a changé l'histoire du monde. La nation a offert au Sud les instruments de sa structuration politique. Le capitalisme s'est d'abord diffusé à l'Ouest, engendrant la plus grande puissance jamais connue.

La révolution ne semble plus aujourd'hui porter beaucoup de fruits. C'est l'interaction paradoxale entre l'idée de nation et le capitalisme mondialisé qui enfante les principaux défis auxquels notre société sera confrontée au cours de la prochaine décennie.

Le premier de ces défis concerne notre approvisionnement en énergie. L'arrivée de la Chine et de l'Inde sur le marché du pétrole fait flamber les cours : la dépendance du monde à l'égard du Moyen-Orient s'en trouve accrue. Or la géopolitique pétrolière est instable, et nous ne pouvons accepter que notre avenir dépende d'une alternance meurtrière entre les actes terroristes et la répression d'Etat. L'auteur de L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine, trouve ici sa vengeance. Qui plus est, la consommation massive d'énergies fossiles a des conséquences environnementales désastreuses. Nous sommes donc aujourd'hui obligés de remettre en cause une conception de l'énergie héritée du siècle passé.

Mais préparons-nous vraiment l'après-pétrole ? Mollement, trop mollement. Faute d'une impulsion politique qui ne peut venir que de la France, l'Europe de l'énergie se fait toujours attendre. Elle est pourtant indispensable à la stabilisation de notre relation énergétique avec la Russie et avec les pays du Maghreb. La préservation de notre avenir énergétique passera à plus long terme par la poursuite sans relâche des économies d'énergie, la démultiplication de l'effort de recherche sur les énergies renouvelables et la domestication du nucléaire. Ces objectifs doivent constituer une priorité majeure de l'action publique, d'autant que le changement de modèle énergétique concerne aussi les Américains qui vont devoir... s'européaniser. Si elle sait garder son avance dans ce domaine, l'Europe pourra redevenir un modèle - à condition d'être capable de continuer à produire des richesses, ce qui est loin d'être acquis.

Ce qui a rendu le capitalisme supportable en dépit des inégalités qu'il engendre, c'est qu'il autorisait une production de richesses d'une ampleur inédite. Dans un pays comme le nôtre, l'approfondissement de la mondialisation met à mal cet équilibre. Les délocalisations ont été l'illustration, populaire mais superficielle, de cette mutation. Sous la surface, la réalité n'est pas moins obsédante. A quelles conditions serons-nous capables demain d'assurer la croissance de l'emploi et du pouvoir d'achat, socle de notre pacte social ? Comment dégager un nouveau compromis social ?

La simple prolongation du modèle existant est évidemment vouée à l'échec. Sommes-nous dès lors déterminés à conduire à son terme la seule stratégie gagnante, celle qui repose sur l'économie de la connaissance ? Rien ne le prouve. La descente aux enfers des universités françaises dans la hiérarchie mondiale en témoigne. Le retard accumulé dans le financement de la recherche publique et les difficultés de celle-ci à travailler avec le secteur privé, pire encore, la forme archaïque d'organisation de notre système universitaire fondé sur une faible autonomie, une faible compétition et de faibles moyens, constituent des causes réelles et profondes qui, si elles ne sont pas rapidement et énergiquement traitées, seront mortelles.

Plus largement, c'est tout notre modèle de développement qui est en cause. Big Oil, Big Three : tel a longtemps été le mantra de la croissance américaine. J'ai dit ce qu'il en était du Big Oil. Quant aux Big Three, les trois principaux constructeurs automobiles, ils font eux aussi partie d'un modèle révolu. Celui qui est devant nous repose principalement sur les services à la personne ; les questions de santé en seront l'un des enjeux essentiels. Ce modèle amène avec lui la biologie comme science dominante, les préoccupations environnementales comme principe de gestion publique, la qualité de la vie comme choix collectif. Je ne prendrai pour le caractériser que deux exemples.

D'abord celui d'une alimentation malsaine et trop riche dont l'épidémie d'obésité qui frappe les Etats-Unis rend les dangers manifestes. Faire évoluer notre alimentation est une question de santé publique ; c'est aussi une stratégie nouvelle pour l'industrie agroalimentaire ; c'est surtout l'annonce d'une nécessaire réorientation de la PAC vers les cultures méditerranéennes. Partant du panier de la ménagère, on aboutit à la réorganisation de l'Union.

Mon second exemple sera celui de la santé au travail. Parce que les drames physiques et mentaux se multiplient dans nombre d'entreprises, la médecine du travail doit devenir une priorité de la santé publique. Il s'agit bien sûr d'accroître le bien-être de chacun d'entre nous, mais aussi de préserver l'avenir de notre système productif : il est exclu d'espérer faire travailler les seniors si l'allongement de la durée de la vie ne s'accompagne pas du maintien d'une condition physique satisfaisante.

La durée de la vie ! Le grand mot est lâché. Jamais notre société n'a connu une telle rupture en si peu de temps ! Ce bouleversement s'enracine dans les progrès de la biologie, reformule les relations entre les générations, menace d'effondrement notre protection sociale. Il pose par ailleurs en termes nouveaux la question de notre démographie et, avec elle, celle de l'immigration. Une France qui vieillit, c'est, à terme, une France qui meurt. Encourager la natalité ne suffira pas à enrayer ce mouvement : sa reprise est lente lorsque la confiance en l'avenir fait défaut. S'il peut alors être utile de favoriser l'adoption, c'est l'immigration qui constitue la solution principale. Il nous faut donc balayer les vieilles craintes aux remugles nauséabonds et concevoir une politique d'immigration positive. Pour cela, il ne faut pas se tromper de problème. Nous n'avons pas trop de chômage parce que nous aurions trop de bras ; nous avons trop peu de croissance parce que notre population ne croît pas assez.

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Article paru dans l'édition du 24.08.06
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